Cinéclub 2022-2023
La saison
Fidèle programmateur du Cinéclub du Carreau du Temple, CinéCaro, association d’amoureux du septième art, vous dévoile pour cette nouvelle saison des fictions et des documentaires sur le thème des Tropiques.
Un voyage à travers l’Asie, l’Afrique et l’Amérique centrale à l’occasion de six séances accompagnées, comme toujours, d’interventions de professionnels ayant participé aux films : réalisateurs, acteurs, décorateurs…
Le Cinéclub du Carreau, ce sont des films rares, essentiels, ouverts sur un monde pas si éloigné du nôtre, pour notre plus grand plaisir et notre culture cinématographique.
Les films
Une fresque romanesque insolite et envoûtante, du Portugal au continent africain.
Un documentaire sensible sur l’exode rural en Chine et le dur retour vers la famille.
Une odyssée amazonienne aux confins de la folie.
Une œuvre sulfureuse dans une Chine pétrie de tabous.
Un périple bouleversant sur l’esclavagisme moderne en République démocratique du Congo.
Une lutte vibrante contre l’exploitation et le patriarcat au Bangladesh.
Pour cette nouvelle saison, un voyage cinématographique à travers l’Asie, l’Afrique et l’Amérique sur le thème des Tropiques !
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counting stars with you (musiques femmes)
Artiste majeure de la scène chorégraphique d’aujourd’hui, Maud Le Pladec s’entoure de six interprètes aussi talentueux·ses par leur capacité vocale que leur langage corporel pour réaliser une œuvre puissante dédiée aux femmes compositrices.
Les interactions entre corps et musique ont toujours été au cœur du travail de Maud Le Pladec. Ici, elle interroge très directement la (non) place des femmes dans l’histoire de la musique, convoquant un somptueux corpus d’œuvres méconnues et pourtant emblématiques d’un « matrimoine » musical. C’est alors une histoire secrète de la musique qui s’écrit, avec une contagieuse volupté à parcourir un spectre allant du chant choral à la musique électro de Chloé.
L’artiste met en crise nos chers concepts de répertoire et de filiation, questionne nos rapports aux modèles esthétiques dominants et signe en ce sens une pièce manifeste. Mais c’est sans amertume ; à l’inverse, l’énergie du militantisme draine une joie fraîche, un plaisir à donner un nouveau souffle à ces œuvres dissidentes. En leur faisant porter la transmission invisible entre cet héritage de l’ombre et le féminisme ou la musicologie lesbienne et queer, Maud Le Pladec invente une nouvelle façon d’engager les corps.
Une série de podcasts avec l'équipe artistique du spectacle (notamment Maud Le Pladec, Chloé, Lucie Antunes) est écoutable ici.
BORD DE PLATEAU : À l’issue de la représentation du vendredi 14 avril, une rencontre est organisée avec Maud Le Pladec et Anne-Flavie Germain de l’association Futur Composé (Réseau national de la création musicale) qui échangeront autour de la place des femmes compositrices dans la musique contemporaine.
Durée : 45min
Un manifeste chorégraphique et musical de Maud Le Pladec dédié aux femmes compositrices !
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Bouillir le vide, un récital
La représentation du jeudi 23 avril 2022 est malheureusement annulée. Pour ceux·celles qui ont réservé des places, nous vous invitons à contacter directement la billetterie pour remboursement ou échanges. Nous vous remercions pour votre compréhension.
Après UNDATED présenté au Carreau du Temple en 2019, pièce chorale qui revisitait son parcours artistique de vingt-cinq années, Martine Pisani ravive ici la fraîcheur des débuts en écrivant un solo pour Christophe Ives à la manière d’une avalanche de nouveaux départs.
Conjuguer « bouillir le vide » à tous les temps et à toutes les personnes… Mais quel vide ? Existentiel, politique, spatial, social, intime ? Alternant les postures figées par l’effroi ou emportées par une furieuse envie de tout ébouillanter, le soliste enchaîne une suite de débuts sur une partition dont la chorégraphe a le secret, mêlée de théâtre et de danse, flirtant avec le mime et le clown. Entre attitudes incongrues, vacillements, décalages cocasses, jeux entre les pleins et les vides, apparitions et disparitions, c’est tout l’univers burlesque contemporain de Martine Pisani qui se déplie.
Avec son amour du jeu d’enfants, son traitement constant des sources – son, environnement, corps, objets -, son goût du « presque rien » et son talent pour s’adresser au spectateur d’égal à égal, l’artiste nous dit encore et toujours que partout où il y a mouvement, il y a danse.
Un solo captivant pour Christophe Ives qui déploie tout l’univers burlesque contemporain de Martine Pisani !
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Sorry, boys
Sorry, boys s’inspire d’un fait divers qui a défrayé la chronique d’une petite ville du Massachusetts en 2000 : 18 lycéennes de moins de 16 ans décidaient de tomber enceinte en même temps pour élever leurs enfants ensemble.
Le spectacle s’ouvre sur un apparat scénique proprement saisissant, une trouvaille de la brillante scénographe Paola Villani. Dans la pénombre surgissent douze têtes coupées, marionnettes accrochées sur des tableaux comme autant de trophées de chasse. D’un côté, six adultes : parents, directeur et infirmière du lycée ; de l’autre, les pères adolescents. Un flot de SMS versés sur grand écran - que s’échangent les jeunes femmes, invisibles - insuffle une esthétique numérique contrastant résolument avec l’univers de la marionnette, mais qui l’aspire à la dérobée dans sa sphère contemporaine.
Les protagonistes tentent de comprendre les raisons du pacte de maternité entre ces adolescentes. Comment un féminicide dans leur ville a-t-il pu engendrer cette grossesse collective ? Les uns et les autres en débattent, mais n'en restent pas moins cloués au mur.
Dernier épisode d'une trilogie explorant les résistances féminines, Sorry, boys s'inscrit dans un travail politique, à la fois féministe et antifasciste, d'une grande subtilité. Manipulant seule les douze marionnettes, et en assurant, seule aussi, toutes les voix, Marta Cuscunà réalise ici une performance exceptionnelle, au retentissement visuel et sonore indélébile.
Dans le cadre de la 11e Biennale internationale des arts de la marionnette, deux autres spectacles de Marta Cuscunà sont à découvrir Il Canto della caduta les 13 et 14 mai et La Semplicità ingannata les 16 et 17 mai. En savoir plus
Une pièce palpitante de Marta Cuscunà, où le portrait contemporain du féminisme et des nouvelles masculinités infiltre l’univers de la marionnette !
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Jour futur
Après l’accueil en 2021 de Eighteen, très belle pièce de Thierry Micouin en duo avec sa fille, Le Carreau du Temple présente la nouvelle création du chorégraphe, qui retrouve sa grande complice plasticienne sonore Pauline Boyer dans une énergie punk-rock. Une danse magnétique, dans une atmosphère hypnotique.
Animés par un goût inconditionnel pour les esthétiques musicales des années 7o, les deux artistes proposent, depuis leurs débuts, des créations qui mêlent danse, musique, performance et arts numériques.
Jour futur donne à incarner à quatre danseurs une référence du Krautrock (rock progressif allemand), Future days, album du groupe CAN sorti en 1973, et tout ce qu’elle évoque. Apparu en une année charnière où le crescendo des théories libérales accusait l’émergence d’un « nouveau monde », ce troublant album augurait de crises qui nous bouleversent aujourd’hui. Comme un hommage à ces signes précurseurs, sur un sol blanc se chargeant progressivement de corps et de matière sombre, leur réinterprétation de l’album déploie un nouveau territoire acoustique émaillé de sons concrets, une architecture chorégraphique envoûtante, un déchaînement psychédélique de gestes et de lumière.
Sur un sol blanc qui se charge progressivement d’une matière noire, la réinterprétation de l'album donne lieu à un nouveau territoire acoustique, une architecture chorégraphique abstraite agencée en quatre parties. Quatre interprètes offrent une danse répétitive, partitionnelle et envoûtante ; un déchaînement communicatif soutenu par des battements lumineux psychédéliques.
La nouvelle création punk-rock et hypnotique du chorégraphe Thierry Micouin, en complicité avec la plasticienne sonore Pauline Boyer !
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PARTITION(S)
Titre complet : PARTITION(S) Du décollement des sentiments et des affects - Phase 2
Pièce inspirée par les Suites pour violoncelles de Bach, PARTITION(S) invite le spectateur à percevoir la musique et la danse avec acuité, à la fois dans leur singularité, leur simultanéité et leur réciprocité. Une expérience suspendue, comme hors du temps.
Jean-Christophe Boclé, danseur et chorégraphe aguerri à la danse baroque, partage ici les imaginaires qui ont nourri son parcours : une approche organique étayée par des cartographies corporelles, des formes de dictées intérieures et de couleurs mentales, des modèles géométriques, textuels ou chromatiques, une écriture qui s’invente et se transmet entre générations d’interprètes.
PARTITION(S), c’est une traversée spirituelle, énergétique et physique du monde des Suites de Bach. Se détachant des sentiments et des affects, les gestes essentiels du danseur émergent dans leur primauté, ces gestes qui sous-tendent l’espace et le temps des intériorités et de leurs arborescences. En offrant à la danse ce support à multiples entrées, l’artiste amplifie les interactions possibles entre chorégraphie et musique, tout en interrogeant les relations entre abstraction et sentiment, mathématiques et composition.
En savoir plus : Jean-Christophe Boclé revient sur les origines de son spectacle, sa relation particulière à la musique et partage le processus de création de son projet dans un entretien accordé à MaCulture.fr à lire ici
Atelier Danse et expression corporelle autour du spectacle PARTITION(S)
Samedi 4 février 2023 de 14h à 16h
Entrez dans les coulisses de la création du spectacle PARTITION(S) lors d’un atelier mené par les interprètes et le chorégraphe !
Une pièce hors du temps de Jean-Christophe Boclé, entre partition chorégraphique à entrées multiples et partition musicale de Bach !
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Mascarades
Ce solo de Betty Tchomanga invoque la divinité du panthéon Vaudou Mami Wata, monstre des eaux troubles. Animée par une pulsation irrépressible, elle saute sans s’arrêter pour faire surgir une multiplicité de présences aussi désirables qu’inquiétantes.
Betty Tchomanga déploie une danse intense à travers une recherche fouillée, qui touche à l’écologie et aux questions coloniales. Dans Mascarades, elle incarne Mami Wata, divinité mi-femme, mi-poisson, une sirène sexuelle ambivalente, aussi attirante que dangereuse, qui oscille entre le monde des profondeurs et celui des humains.
Juchée sur une estrade, le corps tâché de peinture noire, la chorégraphe, animée de pulsations frénétiques, quitte progressivement son perchoir. Elle grimace, grogne, et rebondit, pour investir le saut vertical, un motif qui évoque plaisir, désir, animalité – évoquant les mœurs déviantes associées à la déesse – qui devient exutoire, expression d’une force humaine brute.
À travers ce solo à l'énergie magnétique, Betty Tchomanga, insaisissable, fait surgir une multiplicité de présences, aussi sensuelles que menaçantes.
Atelier Masques peints sur le visage
Samedi 26 novembre 2022 de 14h30 à 18h30
Un atelier de création de masque peint sur le visage à partir de figures hybrides mythologiques !
Un solo de Betty Tchomanga à la transe magnétique et à la pulsation exutoire autour de la déesse africaine Mami Wata !
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Stabat Mater
Grâce à ses mises en scène subversives, nourries de ses recherches universitaires, qui interrogent les liens entre pornographie et théâtre, Janaina Leite s’est affirmée comme une des artistes phares de la scène brésilienne. Dans la conférence-performance Stabat Mater, Janaina Leite invoque des matériaux autobiographiques, en convoquant sa mère sur scène ainsi qu’un performeur pour former un « triangle incestueux » cocasse, à l'image de documentaires, en narrant l’histoire de la Vierge Marie. Aussi politique qu’intime, cette pièce saisissante reprend le travail de la philosophe et psychanalyste Julia Kristeva pour interroger avec finesse les représentations de la féminité, la sexualité, la maternité, ainsi que les relations complexes qui les lient.
After spectacle
Mardi 18 octobre 2022 à la suite de la performance Stabat Mater dans la salle de spectacle - Entrée libre
Un bord de plateau avec l'artiste Janaina Leite, animée par Rita Grillo, enseignante théatre au conservatoire du 14e arrondissement de Paris. L’occasion de questionner, d’échanger et de partager votre ressenti…
Janaina Leite, artiste phare de la scène brésilienne, pour la première fois à Paris avec sa saisissante performance "Stabat Mater" !
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Vider Vénus
Gaëlle Bourges présente trois pièces conçues comme un triptyque, la fin de chaque volet étant reprise par le suivant. Une occasion unique de s’immerger pleinement dans le magnifique univers d’une chorégraphe majeure du renouveau de la scène contemporaine française.
Je baise les yeux (2009) est une vraie-fausse conférence s’inspirant de l’expérience de la chorégraphe et de ses deux camarades de scène au sein d’un théâtre érotique. Les techniques de danse spécifiques au strip-tease y sont décrites dans toute leur puissance poétique et politique, les arrachant ainsi à la marge où elles sont généralement reléguées pour en dévoiler le potentiel d’inspiration. durée 1h10
La belle indifférence (2010) met en vis-à-vis deux catalogues, l’un constitué d’images - une série de nus trouvés dans la peinture occidentale du 16e au 19e siècle, incarnés pas les trois ex-stripteaseuses ; l’autre de récits - des voix égrenant tour à tour des fragments de discours sur l’art et des témoignages de travail sexuel. Une autre façon de soumettre à la critique les systèmes de représentation qui font du nu un terrain d’excitation. durée 50 min
entracte 30 min
Le verrou (2012) enfonce le clou. Autour du tableau éponyme de Fragonard s’emmêlent histoire de l’art officielle et histoires d’art fictionnelles, réminiscences du siècle des Lumières et de Star Wars, rhétorique sadienne et atmosphère prérévolutionnaire, performances physiques autour d’un lit et performances discursives à table. durée 1h
Avec son triptyque VIDER VÉNUS (Je baise les yeux, La belle indifférence, Le verrou), la chorégraphe Gaëlle Bourges décrypte comment la peinture occidentale a construit les entrelacs entre nudité féminine et désir.
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Echo
Danseur depuis 2010 pour Alonzo King Lines Ballet, le ballet de l’Opéra de Lyon, le ballet de
Lorraine ou Maud Le Pladec, Simon Feltz réalise avec Echo sa troisième pièce de danse.
Simon Feltz dissèque les réflexes de synchronisation entre les gestes et les paroles. Ces phénomènes,
ici considérés comme matériau chorégraphique, font le lit d’un délicat quatuor d’interprètes au
service de la sensualité du langage.
À partir d’un corpus vidéo compilant une large palette d’échanges conversationnels, allant du débat
politique à la téléréalité, l’artiste s’attache à transcrire les corrélations entre langage et gestuelle en
écriture chorégraphique, usant des corps comme d’amplificateurs de la musicalité des voix. Dans toute
conversation, le geste ajoute du sens, l’épaissit. Ce postulat, déplacé dans le champ extrême du
mouvement qu’est la danse, transforme les éléments gestuels et vocaux en partitions dansées et
musicales.
Intonations et tonus musculaire, rythmique des corps et des mots, séquences phrasées
et segments corporels engagés : l’agencement aérien d’une multitude d’impulsions, porté par de
rigoureux mouvements d’ensemble, célèbre la danse des mots dans l’espace.
Un délicat quatuor d’interprètes au service de la sensualité du langage.
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