Aina Alegre et David Wampach expérimentent des formes scéniques qui se démarquent par leur expressivité physique autant que par leur inventivité plastique. S’ils se connaissent depuis dix ans et ont déjà travaillé ensemble à plusieurs reprises, CONCRERTO est la première pièce qu’ils conçoivent en binôme. « Mettre en commun, s’associer, critiquer, assumer nos points de convergence et de divergence » : tels sont les partis pris sur lesquels se fonde leur relation créatrice. Mue en profondeur par la dynamique excessive propre au style baroque, la pièce CONCRERTO prend la forme, continûment imprévisible, d’une pièce hors normes qui mobilise – à importance égale – le son, la voix et le corps en tendant tout du long vers un état d’abandon explosif et jubilatoire. Coexistant au sein d’un espace commun, ouvert au possible, quatre interprètes masculins déploient une profusion de mouvements et de sons affranchis de tout lien de subordination. Alliage de morceaux et de situations disparates « qui proclament l’exagération, l’emphase et le contraste », CONCRERTO ne peut se ranger dans aucune catégorie bien définie. Traversée de multiples flux énergétiques et vouée intrinsèquement au débordement, la pièce fait jaillir de saisissants états physiques et de puissants éclats sonores.
- Texte de Jérôme Provencal
Première pièce construite en binôme, CONCRERTO est métamorphose, exagération et exubérance des formes, abandon festif, explosif et jubilatoire.
Sorry, boys s’inspire d’un fait divers qui a défrayé la chronique d’une petite ville du Massachusetts en 2000 : 18 lycéennes de moins de 16 ans décidaient de tomber enceinte en même temps pour élever leurs enfants ensemble.
Le spectacle s’ouvre sur un apparat scénique proprement saisissant, une trouvaille de la brillante scénographe Paola Villani. Dans la pénombre surgissent douze têtes coupées, marionnettes accrochées sur des tableaux comme autant de trophées de chasse. D’un côté, six adultes : parents, directeur et infirmière du lycée ; de l’autre, les pères adolescents. Un flot de SMS versés sur grand écran - que s’échangent les jeunes femmes, invisibles - insuffle une esthétique numérique contrastant résolument avec l’univers de la marionnette, mais qui l’aspire à la dérobée dans sa sphère contemporaine.
Les protagonistes tentent de comprendre les raisons du pacte de maternité entre ces adolescentes. Comment un féminicide dans leur ville a-t-il pu engendrer cette grossesse collective ? Les uns et les autres en débattent, mais n'en restent pas moins cloués au mur.
Dernier épisode d'une trilogie explorant les résistances féminines, Sorry, boys s'inscrit dans un travail politique, à la fois féministe et antifasciste, d'une grande subtilité. Manipulant seule les douze marionnettes, et en assurant, seule aussi, toutes les voix, Marta Cuscunà réalise ici une performance exceptionnelle, au retentissement visuel et sonore indélébile.
Le spectacle est caractérisé par l'utilisation explicite de références à connotation sexuelle.
Une pièce palpitante, au sens propre comme au figuré, dans le fond comme dans la forme.
Vous retrouverez Théophile Bensusan, Nawel Bounar, Clémence Juglet, Akène Lenoir, Johana Malédon, Théo Marion-Wuillemin, Nicole Muratov et Emily Regen, qui présenteront un extrait de leur création sous la direction artistique de Christine Bastin.
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Venez découvrir les chorégraphes de la septième promotion de l’incubateur de La Fabrique de la Danse le jeudi 12 mai 2022 à 20h, au Carreau du Temple !
Pur éblouissement de danse. Incarnée par quatre interprètes magistraux, dont la solidarité sur le plateau envahit les spectateurs par vagues de frissons, la dernière pièce de Léo Lérus poursuit les courbes d’une signature unique. Portant avec élégance l’héritage caribéen, à l’appui d’outils sans cesse affûtés, sa démarche le pose depuis dix ans comme un créateur d’exception sur la scène contemporaine.
Les danseurs entrent en scène devant un grand écran luminescent, qui se reflète au sol. Une marche simple mais urgente dicte des croisements, au coeur desquels bat la musique des pas. Soudain, une musique allègre emporte la danse, puis les mouvements de groupe se dessinent, la musique traditionnelle faisant place à un univers électro, vif, scandé. Les corps, athlétiques, sculptés, magnifiques, nous happent ; il est impossible de détacher son attention une seule seconde de cette profusion de lignes et d’arabesques exaltées, d’une implacable précision. Avec ardeur et sensualité s’enchaînent quatuors sur percussions riches, duos vus de dos sur musique minimale, ou d’extraordinaires performances découpées sur des carrés de lumière blanche, jusqu’au final, décapant.
Léo Lérus a inventé un vocable directement issu de la musicalité et de la théâtralité du Léwòz, une danse mariée au Gwo-Ka, langage musical d’origine africaine né lors de la traite des Noirs, principalement joué avec des tambours.
S’inspirant ici de la thermodynamique de l’évolution observant l’« entropie » - mesure du degré de désordre de tout système -, il reconsidère avec ses danseurs la notion d’énergie, selon un regard enrichi d’interactions techniques entre chorégraphie, interprétation, dramaturgie et environnement sonore et musical. À n’en pas douter, il y en aura d’autres, mais Entropie, tel un micro-organisme vivant, est un puissant aboutissement de cette recherche.
Mes Horizons - Gladys Demba
Focus danse sur la jeune création guyannaise présenté en avant-première du spectacle Entropie
La Guyane est un terrain de croisements entre les premiers peuples amérindiens, les Bushinengue – descendant·e·s d’esclaves africain·e·s né·e·s du marronnage – et les Créoles. Mais « peu importe le mélange que l’on a dans le sang, ici, nous avons tou·te·s des valeurs de chaque communauté » rappelle Gladys Demba. C’est avec des questions essentielles et intérieures sur les différentes cultures guyanaises que la chorégraphe explore son identité. À l’âge de 6 ans, elle rencontre la danse en Guyane française, sa région. Elle parcourt ensuite plusieurs écoles en métropole et ailleurs, enseigne à son tour la danse et développe son écriture chorégraphique sous le regard bienveillant du chorégraphe Thomas Lebrun, directeur du CCN de Tours et de Norma Claire, directrice du CDCN de Guyane Touka Danses. Solo signature, Mes Horizons joue des influences et des fulgurances, pour trouver sa danse.
- Texte de Léa Poiré pour l’Atelier de Paris / CDCN
Retrouvez notre interview de Léo Lérus :
En partenariat avec l’Atelier de Paris - Centre de développement chorégraphique national / festival JUNE EVENTS, le chorégraphe caribéen Léo Lérus vient éblouir la scène du Carreau du Temple avec sa dernière création « Entropie ». En ouverture de soirée, Gladys Demba présente « Mes Horizons », un premier solo ambitieux
Jeudi 15 et vendredi 16 juillet 2021 à 19h et à 21h - Tarif B
Quel est le point commun entre une boule de bowling, des chaussures à crampons, et un portique ? Entre les mains du facétieux Alexander Vantournhout, ils deviennent les accessoires incontournables pour défier les lois de la physique, mettre sens dessus dessous les corps mais surtout notre regard ! Arrimés aux bras, aux pieds, ou aux chevilles, les objets lancent un défi sportif et poétique aux six circassien·ne·s-danseur·euse·s : émergent alors de magnifiques qualités gestuelles, des entremêlements de corps en appui, une élasticité virevoltante, des torsions en miroir, jusqu’à la ronde joyeuse et délurée des corps libérés.
Le public est ainsi invité à déambuler dans la Halle et découvrir une série de courtes performances.
« Alexander Vantournhout confirme sa maîtrise du mouvement et son ancrage dans les fondamentaux du cirque – le poids et le risque – augmentés par l’accessoire, tout en cultivant un génial décalage. » La Terrasse
Durée : 60 minutes
CUIR de la compagnie Un Loup pour l'Homme
Mardi 13 juillet 2021 à 19h30 - Tarif B
Dans un corps à corps puissant, deux hommes harnachés jouent à manipuler le corps de l’autre. Le plaisir précautionneux qu’ils prennent à se transformer l’un pour l’autre en instrument, en agrès, en terrain de jeu ou en champ de bataille les engage dans une lutte consentie. Entre traction et attraction, ils ne visent pas le pouvoir sur l’autre, mais plutôt le pouvoir avec l’autre.
« Une écriture acrobatique dépouillée, brute, rude, non conventionnelle. » Stéphanie Barrioz, Télérama - TT
Durée : 35 minutes
En partenariat avec le Centre culturel suisse à Paris
YIN ZÉRO de la compagnie Monad
Samedi 17 juillet 2021 à 15h - Tarif B
Inspiré du tai chi, de la danse derviche, de l’hypnose et du jonglage contemporain, le duo masculin happe le public dans une étrange expérience oscillant entre deux états extrêmes, transe et maîtrise de soi. Une invitation à traverser la frontière entre les mondes depuis son fauteuil. Belle, épurée, émouvante, cette relation entre les deux artistes repose à la fois sur leurs spécificités et sur leur complémentarité.
« Tels le Yin et le Yang, deux derviches tourneurs sont emportés dans une ronde sans fin. Avec précision et délicatesse, ils manipulent des balles de jonglage contact, points lumineux au cœur du mouvement. » Le Parisien
Durée : 25 minutes
En partenariat avec la Maison des Jonglages
Chroniques du rebond d'Éric Giraudet
Dimanche 11 juillet à 14h et 17h30 - Entrée libre - Inscription sur place
Éric Giraudet, né en 1983, vit et travaille à Amsterdam. Ses œuvres prennent différentes formes : installations, sculptures, performances ou vidéos, qui traitent, non sans humour, d’expériences empiriques mêlées de recherches historiques, ésotériques ou scientifiques poussées. Il crée ainsi des récits, dont la proposition de « Chroniques du rebond », une performance déambulatoire et participative au Carreau du Temple. Du jeu de balle Maya à la boîte à outils magique que constitue le lieu de la performance, l’artiste parcourt l'histoire du rebond, menant le public à une réflexion métaphysique ; comment bien chuter, et mieux se relever, au propre, comme au figuré ?
Durée : 45 minutes
Durant le Festival Jogging, découvrez des spectacles et performances ludiques et stimulants qui célèbrent les liens arts et sport !
SOOO POP, ce sont des soirées au cours desquelles la chanteuse Cléa Vincent accueille trois artistes de la scène pop française. Un artiste repéré et expérimenté, deux jeunes artistes émergents pour 1h30 de live inédit et d’interview intimiste.
Comme à la maison, Cléa Vincent accueille trois artistes de la pop française à chaque édition pour une soirée-concert. Né de son émission dédiée à ses chouchous de la chanson, son rendez-vous en direct au Carreau du Temple est devenu un incontournable du genre.
SOOO POP, ce sont deux jeunes artistes émergents et un artiste reconnu pour 1h30 de musique live et d’interview intimiste, le tout orchestré par Cléa Vincent. Dans une ambiance chaleureuse et pétillante, rétro et conviviale, Cléa Vincent invite le public à assister à ces rencontres exclusives, à partager en direct ces moments uniques avec les interprètes et musiciens qui chantent leur propre répertoire, mais se prêtent aussi au jeu de créer des duos inédits. Ayant déjà compté parmi ses invités Christophe, Philippe Katerine, Lio, Malik Djoudi, Tim Dup, Pirouettes, Vincent Delerm, Voyou, Corinne, Mathilde Fernandez, Arielle Dombasle ou encore Fishbach, SOOO POP réserve bien des surprises en cette nouvelle saison, à découvrir dans l’écrin acoustique du Carreau du Temple.
ARTISTE EN RÉSIDENCE
Par ailleurs, l’animatrice de l’émission SOOO POP continue, pour une deuxième saison, sa résidence au studio son du Carreau du Temple, ce qui lui permet non seulement d’enregistrer ses nouvelles chansons, mais aussi de proposer des rendez-vous publics impromptus au fil de l’année, ou encore de construire, au cours de l’année scolaire, un parcours d’initiation à la composition musicale et à la pratique de la musique en groupe, dédié à des classes de collèges d’Île-de-France.
SOOO POP, ce sont des soirées au cours desquelles la chanteuse Cléa Vincent accueille comme à la maison trois artistes de la scène pop française.
La crise sanitaire a imposé un temps suspendu au monde entier, rendant commune une expérience familière aux personnes contraintes à l’exil. S’arrêter, se retrouver, se laisser aller à penser, et avec le regard d'artistes traversés par l’exil, explorer et mesurer les enjeux politiques de ce qui nous constitue. Pour le festival 4,3,2,1..., les artistes reviennent sur le récent confinement pour mettre cette période en relation avec leur histoire.
L’atelier des artistes en exil (aa-e), structure unique en France, a pour mission d’identifier des artistes en exil de toutes origines, toutes disciplines confondues, de les accompagner au regard de leur situation et de leurs besoins administratifs et artistiques, de leur offrir des espaces de travail et de les mettre en relation avec des professionnels afin de leur donner les moyens d’éprouver leur pratique et de se restructurer. L’aa-e c’est plus de 1000 m2, mis à disposition par la Ville de Paris au centre de la capitale, dédiés aux artistes en exil. L’aa-e propose un suivi professionnel, juridique, social, médical et linguistique à près de 200 artistes qui pratiquent les arts plastiques, l’architecture, le stylisme, la danse, le théâtre, la performance, la musique et l’audiovisuel.
Rupture - Maryam Samaan - Syrie
Vendredi 27 août 2021 - 14h30 et 16h30 - Durée : 45 min - Salle de spectacle
Spectacle de marionnettes
Contraint de quitter son pays ravagé par les luttes de pouvoir et la guerre, l’enfant venu d’ailleurs explore de nouveaux paysages et dialogue avec ses souvenirs. Habité par un sentiment d’étrangeté, happé par le passé, il essaie d’apprivoiser ses peurs pour apprendre à vivre après.
Transition through Reproach Valley - Kubra Khademi - Afghanistan
Vendredi 27 août 2021 - 20h - Durée : 30 min - Halle
Performance
Pour sa première performance collective, Kubra Khademi s’interroge sur l’expérience de la famine, de la maladie, des catastrophes écologiques, de la guerre et sur l’injonction qui nous est faite à rester calmes, patients et positifs. Mais que s’est-il vraiment passé ? Comment aurions-nous dû réagir ? Et quel est le rôle de l’art dans pareille situation ? Un remède contre la pression sociale ? « Le reflet de la société » ?
Dans le cadre de l'Hyper Festival, Le Carreau du Temple accueille le Festival 4,3,2,1... avec les spectacles de Maryam Samaan et Kubra Khademi !
Créé en 2012, Seventeen est un spectacle pluridisciplinaire qui se recrée depuis 10 ans. Il met en scène des adolescences. Par le corps, par les mots, ils et elles se racontent sur scène.
En y intégrant les arts numériques, la compagnie François Stemmer crée 7teen Nouvelle Génération, spectacle hybride qui se vit et se partage via les écrans dans un premier temps et sur scène dans un second temps. Ainsi, tout au long du mois d'août, une mini-série de 11 épisodes sera diffusée sur les réseaux sociaux de la compagnie François Stemmer et se conclura avec un dernier "épisode" sur scène lors des représentations du spectacle les 26 et 27 août au Carreau du Temple.
Dans le premier épisode, vivez les deux journées d’auditions. Les cinq épisodes suivants feront le portrait des protagonistes de 7teen Nouvelle Génération. Filmés dans les lieux qu'ils fréquentent, chez eux, seuls ou en groupes, il s'agit de partir à la découverte de leur univers. Avant le grand final, découvrez cinq épisodes sur les premiers jours de création afin de suivre les protagonistes désormais au sein de la troupe dans le contexte particulier de l’immersion créative et du groupe. Pour voir le dernier "épisode", rendez-vous sur la scène au Carreau du Temple !
Découvrez les 11 épisodes de la mini-série sur les réseaux sociaux de la compagnie François Stemmer et son site Internet :
Dans le cadre de L'Hyper Festival, François Stemmer présente "7teen Nouvelle Génération", un objet artistique hybride mêlant portraits, narrations et images sensibles !
40° symbolise le thermomètre dans le rouge prêt à exploser. La simple lecture de ces mots 40° degrés évoque d’emblée des sensations et convoque des images mentales. Pour cette performance, le chorégraphe Yves Mwamba s’intéresse aux énergies brutes, aux états de corps en quête de mouvement et de rythme jusqu’à l’épuisement.
Yves Mwamba revisite ce qu’on appelle communément la danse afro en s’intéressant à ses dynamiques et ce qu’elle génère de collectif. La danse afro est hybride, tirant ses influences dans les danses traditionnelles africaines et des danses urbaines se renouvelle chaque jour dans les grandes capitales. Elle se fabrique dans la rue, l’endroit par excellence où l’on s’exsude, partage les nouveaux steps (mouvements) qui débarquent en même temps que les nouveautés musicales et qui font le tour du monde grâce aux réseaux sociaux. Ces chorégraphies s’inventent à partir de vocabulaires communs tout en appartenant à chacun. Le beat et les sonorités africaines ponctuent les mouvements. On aperçoit l’influence congolaise avec le Ndombolo, le Coupé décalé de la Côte d’Ivoire en passant par le Kuduro d’Angola , le Pantsula de l’Afrique du sud. Si chacun de ces univers ont leur propre histoire, et se dansent sur la musique house ou l’afro Beat du Nigeria, mêlée au Hip-Hop…, ils fusionnent au cœur de la danse afro en mouvement perpétuel.
La danse afro n’est pas une pratique solitaire. C’est un moyen d’être ensemble en mode ngwasuma ou encore de s’enjailler dans une fête ou tout simplement en boîte de nuit. Cette ambiance où les gestes viennent de partout, où l’on crie, anime, encourage. L’émotion est présente, lumineuse, on appartient à cette famille de la danse où l’éloquence et l’élégance s’invitent. Ce que l’on voit c’est l’énergie vitale qui nous submerge. La danse afro apprend à décoloniser son corps, à sentir le rythme qui l’envahit notre corps et le restituer dans sa forme brute. Yves Mwamba a grandi dans ces ambiances magiques et il cherche à s’en saisir chorégraphiquement pour raconter l’histoire des migrations portées par des histoires singulières.
Dans le cadre de L'Hyper Festival, le chorégraphe Yves Mwamba présente "40° degrés", une performance sous haute-tension !