Les promesses de l’incertitude

Modalités de remboursement : Suite aux mesures gouvernementales et à l'annulation du spectacle, vous pouvez procéder à une demande de remboursement. Merci de contacter la billetterie : billetterie@carreaudutemple.org

Dans une large palette de beiges composée de cartons, de cordes, de bois et de poids déambule la silhouette aussi fébrile qu’agile de Marc Oosterhoff. Entre danse et cirque, sa performance semble déjouer les lois de l’apesanteur, nous défiant de comprendre tout ce monde en suspens.

Explorateur naïf d’un écosystème aux règles étranges, un personnage désarticulé y cherche son chemin et son équilibre, se promenant parmi d’improbables bascules, auxquelles répondent des nappes sonores cosmiques, cinématographiques ou industrielles créées au plateau par le musicien Raphaël Raccuia.

Doué d’une poétique corporelle et d’un sens du burlesque, le performer se frotte aux ressorts premiers du cirque, fondés sur les « promesses » tacites des interprètes : un lanceur de couteaux se doit d’atteindre sa cible, un dompteur de fauve, de ne pas se faire dévorer, un funambule, de rester sur son fil. Les Promesses de l’incertitude explore l’essence même de l’attention que porte le public à cette lutte entre deux forces sur scène, en pariant que la tension précédant l’action est plus intéressante que l’action elle-même, en ce qu’elle contient toutes ses potentialités et laisse le spectateur libre de les imaginer. À rebours de ces promesses, la danse, qu’elle soit expressive ou stylistique, incarne l’instant présent, la liberté, ne donne rien d’autre à attendre que l’inattendu. Le duo compose ici une forme rare d’art vivant mixte autour de la préciosité de l’incertitude.

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Soirée des Chorégraphes #6 2021

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Eighteen

Il a sans doute fallu du courage à Thierry Micouin et à sa fille de 20 ans pour se livrer sur le plateau au récit de leur relation entre père danseur-chorégraphe et fillette puis adolescente. Et il faut indiscutablement bien du talent pour le faire avec autant d’humour, de tendresse, de panache, et accéder ainsi à cette brise de vérité, si revigorante !

Dans une intrication de médias : danse, texte, vidéos, théâtre, et même un croustillant jeu des sept familles revisité, le père et sa fille, avec l’énergie de leur amour filial, dévoilent l’intimité d’un parcours qu’ils ont à la fois vécu ensemble et différemment. Assumant le ton de la confidence, la fraîcheur d’une « première fois où l’on se dit tout », le duo nous raconte, par le geste dansé et par la voix, ses questionnements passés, contigus ou respectifs, ses découvertes, ses moments-clés. La première audition, la triche sur l’âge dans un C.V., la Cour d’Honneur au Festival d’Avignon, les lettres de spectatrices, les non-dits sur l’homosexualité du père... tandis que la fille savait. Très loin de l’autofiction adressée aux publics dits « avertis », Thierry Micouin, en invitant sa fille à donner en partage son regard innocent d’enfant, fait ici un joli pied de nez au préjugé dévolu à l’ego des artistes, et, dans les entrelacs de sa propre trajectoire, dresse en toute modestie un petit panorama de l’histoire de la danse contemporaine.

Drôle, pétillant, touchant, emmené d’un peps étourdissant, ce spectacle se double d’un témoignage, celui de l’attachement à l’art et à la vie, et à ce qu’ils ont en commun : la mémoire et la transmission.

« Eighteen » évoque la relation père-fille à travers le vécu de Thierry Micouin et celui de sa fille Ilana, tous deux danseurs et réunis sur scène pour un subtil duo.

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Concrerto

Aina Alegre et David Wampach expérimentent des formes scéniques qui se démarquent par leur expressivité physique autant que par leur inventivité plastique. S’ils se connaissent depuis dix ans et ont déjà travaillé ensemble à plusieurs reprises, CONCRERTO est la première pièce qu’ils conçoivent en binôme. « Mettre en commun, s’associer, critiquer, assumer nos points de convergence et de divergence » : tels sont les partis pris sur lesquels se fonde leur relation créatrice. Mue en profondeur par la dynamique excessive propre au style baroque, la pièce CONCRERTO prend la forme, continûment imprévisible, d’une pièce hors normes qui mobilise – à importance égale – le son, la voix et le corps en tendant tout du long vers un état d’abandon explosif et jubilatoire. Coexistant au sein d’un espace commun, ouvert au possible, quatre interprètes masculins déploient une profusion de mouvements et de sons affranchis de tout lien de subordination. Alliage de morceaux et de situations disparates « qui proclament l’exagération, l’emphase et le contraste », CONCRERTO ne peut se ranger dans aucune catégorie bien définie. Traversée de multiples flux énergétiques et vouée intrinsèquement au débordement, la pièce fait jaillir de saisissants états physiques et de puissants éclats sonores.

- Texte de Jérôme Provencal

Première pièce construite en binôme, CONCRERTO est métamorphose, exagération et exubérance des formes, abandon festif, explosif et jubilatoire.

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Sorry, boys

Sorry, boys s’inspire d’un fait divers qui a défrayé la chronique d’une petite ville du Massachusetts en 2000 : 18 lycéennes de moins de 16 ans décidaient de tomber enceinte en même temps pour élever leurs enfants ensemble.

Le spectacle s’ouvre sur un apparat scénique proprement saisissant, une trouvaille de la brillante scénographe Paola Villani. Dans la pénombre surgissent douze têtes coupées, marionnettes accrochées sur des tableaux comme autant de trophées de chasse. D’un côté, six adultes : parents, directeur et infirmière du lycée ; de l’autre, les pères adolescents. Un flot de SMS versés sur grand écran - que s’échangent les jeunes femmes, invisibles - insuffle une esthétique numérique contrastant résolument avec l’univers de la marionnette, mais qui l’aspire à la dérobée dans sa sphère contemporaine.

Les protagonistes tentent de comprendre les raisons du pacte de maternité entre ces adolescentes. Comment un féminicide dans leur ville a-t-il pu engendrer cette grossesse collective ? Les uns et les autres en débattent, mais n'en restent pas moins cloués au mur.

Dernier épisode d'une trilogie explorant les résistances féminines, Sorry, boys s'inscrit dans un travail politique, à la fois féministe et antifasciste, d'une grande subtilité. Manipulant seule les douze marionnettes, et en assurant, seule aussi, toutes les voix, Marta Cuscunà réalise ici une performance exceptionnelle, au retentissement visuel et sonore indélébile.

Le spectacle est caractérisé par l'utilisation explicite de références à connotation sexuelle.

Une pièce palpitante, au sens propre comme au figuré, dans le fond comme dans la forme.

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The ballad of Genesis and Lady Jaye 

Genesis P.Orridge fut avec Throbbing Gristle, groupe anglais légendaire, l’inventeur de la musique industrielle, un rock expérimental et transgressif. Il poursuivra son aventure musicale avec Psychic TV. Le film raconte l’histoire de son amour fou pour Lady Jaye qui, après sa mort brutale, a continué de l’inspirer.

Dans leur désir de fusion, ces deux êtres ont voulu se ressembler physiquement en recourant à la chirurgie esthétique, portant haut le message de la pandrogynie. Amie et complice, Marie Losier a, durant plusieurs années, filmé le couple dans leur quotidien, entrant dans leur jeu (et eux dans le sien), recomposant quelques moments clés de cette histoire unique.

Composé de courtes séquences enchaînées à un rythme électrique, le récit est conduit par la seule voix de Genesis P.Orridge. Premier long-métrage de Marie Losier, le film a été montré dans de nombreux festivals, a reçu plusieurs prix et a connu une très belle carrière.

La projection se déroulera en présence de la réalisatrice Marie Losier, qui participera au débat animé par Patrick Javault.

"The ballad of Genesis and Lady Jaye" retrace l’histoire hors du commun de l’artiste Breyer P-Orridge Genesis et de sa femme et partenaire artistique, Lady Jaye Breyer P'Orridge, qui par amour ont décidé tous deux de se fondre en une seule entité.

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Soirée des chorégraphes #7

Vous retrouverez Théophile Bensusan, Nawel Bounar, Clémence Juglet, Akène Lenoir, Johana Malédon, Théo Marion-Wuillemin, Nicole Muratov et Emily Regen, qui présenteront un extrait de leur création sous la direction artistique de Christine Bastin.

À propos des chorégraphes : 

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À propos de l’évènement :

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Venez découvrir les chorégraphes de la septième promotion de l’incubateur de La Fabrique de la Danse le jeudi 12 mai 2022 à 20h, au Carreau du Temple !

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Reflecting Residencies #2

Symposium international

L’objectif de ces journées de rencontres et de débats est d'analyser une sélection variée de programmes de résidences en France et à travers le monde

Journée du 2 juin :

  • 10h : Introduction
  • 10h15 : Performance
  • 10h30 à 12h30 : Table ronde 1 Le soutien à l'émergence
    Quand les jeunes artistes ont été particulièrement touchés par la crise, comment les résidences d'artistes-auteur·es poursuivent-elles leur activité de soutien à l’émergence ?
  • 14h à 16h : Table ronde 2 La résidence comme laboratoire de recherche
    À l’image des laboratoires de recherche, la résidence est un lieu d’expérimentation où les processus de travail artistiques peuvent se développer à la croisée de plusieurs savoir-faire, dans l’échange entre disciplines. Comment la résidence met-elle en place les conditions de cette expérimentation ?
  • 16h30 à 17h30 > Point d'information

Journée du 3 juin :

  • 10h : Introduction
  • 10h15 à 12h15 : Table ronde 3 Le développement des pratiques en Europe
    L’espace européen voit se développer de nombreuses résidences d’artistes, dont les fonctionnements diffèrent autant que les statuts et les pratiques de rémunération des auteurs dans les différents pays. Quelles évolutions professionnelles observe-t-on actuellement en Europe ?
  • 14h à 16h : Table ronde 4 État des lieux des nouveaux enjeux internationaux et de la mobilité longue distance
    Quelles perspectives pour les résidences artistiques développées à l’international dans un contexte post-pandémique ?
  • 16h : Projection vidéo
  • 16h30 à 17h30 > Synthèse

Retrouvez le programme complet : cliquez ici !

Formulaire d'inscription au symposium : cliquez ici !


Les ateliers pros - en ligne

Quatre ateliers professionnels liés aux thématiques du symposium sont proposés par Arts en résidence pour permettre à tou·tes de développer ses compétences sur la pratique de la résidence. Ces ateliers digitaux se déroulent à des dates satellites au symposium et offrent introduction et prolongement aux tables rondes thématiques. Ils sont accessibles à toute personne intéressée : artistes ou organisateurs de résidence. Ils visent à délivrer des informations permettant à tou·tes une meilleure appréhension de l'environnement professionnel et des outils concrets favorisant des mises en application.

Atelier pro 1 : Définir l'accompagnement d'une résidence d'artiste émergent·e

Jeudi 5 mai 2022 de 11h à 13h (date limite d'inscription le 21 avril)

Quelles sont les attentes et besoins d’un·e artiste émergent·e au cours de sa résidence ? Accompagnement technique, artistique, professionnel ou encore administratif, comment se préparer à l’accueil d’un·e artiste en début de parcours ?

Intervenant : Laurent Le Bourhis, président de Dos Mares (FR, Marseille)

Atelier pro 2 : Développer une résidence en collaboration avec un laboratoire universitaire

Jeudi 12 mai 2022 de 11h à 13h (date limite d'inscription le 28 avril)

Comment initier une résidence d’artistes en université ? Quels outils et quelles méthodologies adopter pour l'accompagnement des différent·es acteur·rices engagé·es dans cette expérience ? Cet atelier a pour objectif de transmettre les outils adéquats et d’envisager des possibles à partir d’expériences précises.

Intervenant : Christophe Chaillou, chargé de mission Art&Sciences de l’Université de Lille (FR, Lille)

Atelier pro 3 : Administrer une résidence dans le champ des arts visuels, bonnes pratiques

Jeudi 19 mai 2022 de 11h à 13h (date limite d'inscription le 5 mai)

Cet atelier a pour but de fournir aux professionnel·les les principaux outils pour développer des résidences réussies et mieux se repérer entre obligations légales et bonnes pratiques à différentes étapes.

Intervenant : Elise Jouvancy, secrétaire générale d'Arts en résidence - Réseau national

Atelier pro 4 : Créer un partenariat de résidence à l'international

Jeudi 9 juin 2022 de 11h à 13h (date limite d'inscription le 26 mai)

Comment mettre en place une collaboration réussie avec ses partenaires à l'étranger ? Quelles sont les étapes clés du montage de projet (de la prospection de partenaire au retour de l'artiste en résidence) et les enjeux auxquels se préparer (culturels, financiers, politiques). À travers des exemples de configurations variées d'émergence de projet, l'atelier livrera des conseils mais reviendra aussi sur les écueils à éviter.

Intervenant : Isabelle Henrion, co-coordinatrice d’Artistes en résidence (FR, Clermont-Ferrand)

Infos pratiques sur les ateliers pro :

  • Ateliers en ligne - accessibles sur inscription
  • Inscrivez-vous : cliquez ici !
  • 20 euros par atelier et par personne
  • Limités à 25 personnes par atelier

Un rendez-vous d'Arts en résidence - Réseau national

Événement en collaboration avec l'Institut français.

Avec le soutien de la Direction générale de la création artistique (DGCA) - ministère de la Culture, de l’ADAGP et du Carreau du Temple, établissement culturel et sportif de la Ville de Paris. Reflecting Residencies #2 est organisé dans le cadre de la présidence française du Conseil de l’Union européenne.

Symposium international sur les résidences d'artistes, REFLECTING RESIDENCIES initié par Arts en résidence - Réseau national revient pour une deuxième édition les 2 et 3 juin 2022 au Carreau du Temple !

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Entropie

Pur éblouissement de danse. Incarnée par quatre interprètes magistraux, dont la solidarité sur le plateau envahit les spectateurs par vagues de frissons, la dernière pièce de Léo Lérus poursuit les courbes d’une signature unique. Portant avec élégance l’héritage caribéen, à l’appui d’outils sans cesse affûtés, sa démarche le pose depuis dix ans comme un créateur d’exception sur la scène contemporaine.

Les danseurs entrent en scène devant un grand écran luminescent, qui se reflète au sol. Une marche simple mais urgente dicte des croisements, au coeur desquels bat la musique des pas. Soudain, une musique allègre emporte la danse, puis les mouvements de groupe se dessinent, la musique traditionnelle faisant place à un univers électro, vif, scandé. Les corps, athlétiques, sculptés, magnifiques, nous happent ; il est impossible de détacher son attention une seule seconde de cette profusion de lignes et d’arabesques exaltées, d’une implacable précision. Avec ardeur et sensualité s’enchaînent quatuors sur percussions riches, duos vus de dos sur musique minimale, ou d’extraordinaires performances découpées sur des carrés de lumière blanche, jusqu’au final, décapant.

Léo Lérus a inventé un vocable directement issu de la musicalité et de la théâtralité du Léwòz, une danse mariée au Gwo-Ka, langage musical d’origine africaine né lors de la traite des Noirs, principalement joué avec des tambours.

S’inspirant ici de la thermodynamique de l’évolution observant l’« entropie » - mesure du degré de désordre de tout système -, il reconsidère avec ses danseurs la notion d’énergie, selon un regard enrichi d’interactions techniques entre chorégraphie, interprétation, dramaturgie et environnement sonore et musical. À n’en pas douter, il y en aura d’autres, mais Entropie, tel un micro-organisme vivant, est un puissant aboutissement de cette recherche.

Mes Horizons - Gladys Demba

Focus danse sur la jeune création guyannaise présenté en avant-première du spectacle Entropie

La Guyane est un terrain de croisements entre les premiers peuples amérindiens, les Bushinengue – descendant·e·s d’esclaves africain·e·s né·e·s du marronnage – et les Créoles. Mais « peu importe le mélange que l’on a dans le sang, ici, nous avons tou·te·s des valeurs de chaque communauté » rappelle Gladys Demba. C’est avec des questions essentielles et intérieures sur les différentes cultures guyanaises que la chorégraphe explore son identité. À l’âge de 6 ans, elle rencontre la danse en Guyane française, sa région. Elle parcourt ensuite plusieurs écoles en métropole et ailleurs, enseigne à son tour la danse et développe son écriture chorégraphique sous le regard bienveillant du chorégraphe Thomas Lebrun, directeur du CCN de Tours et de Norma Claire, directrice du CDCN de Guyane Touka Danses. Solo signature, Mes Horizons joue des influences et des fulgurances, pour trouver sa danse.

- Texte de Léa Poiré pour l’Atelier de Paris / CDCN

Retrouvez notre interview de Léo Lérus :

En partenariat avec l’Atelier de Paris - Centre de développement chorégraphique national / festival JUNE EVENTS, le chorégraphe caribéen Léo Lérus vient éblouir la scène du Carreau du Temple avec sa dernière création « Entropie ». En ouverture de soirée, Gladys Demba présente « Mes Horizons », un premier solo ambitieux

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SOOO POP

SOOO POP, ce sont des soirées au cours desquelles la chanteuse Cléa Vincent accueille trois artistes de la scène pop française. Un artiste repéré et expérimenté, deux jeunes artistes émergents pour 1h30 de live inédit et d’interview intimiste.

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