SONGLINES

SUR UNE MUSIQUE DE TERRY RILEY - Danse

La scénographie épurée - un cercle de miroir posé à même le simple tapis de danse rose poudré, à l'horizontale, comme un étang, sur lequel joue une douche de lumière au travers de filets métalliques suspendus - met en valeur les corps des huit danseurs entre les deux strates. Entre ciel et terre.

Songlines saisit le mouvement fondateur qu’est la marche, ce stade où l’esprit, le corps et le monde tendent à la fusion, en cristallisant son canevas dans l'emblématique composition musicale In C de Terry Riley. Considérée comme la première œuvre du courant de la musique minimaliste ou répétitive, créée en 1964 pour 35 instrumentistes à San Francisco, la partition présentait un concept inédit : exclusivement construite de 53 phrases musicales tenant en une page, les musiciens devaient en jouer chaque motif, tout en étant libres de le répéter autant qu'ils le souhaitaient, avant de passer au suivant. Un véritable joyau pour un travail sur la marche... La marche compose, la marche écrit, la marche unit, elle brode un lien indéfectible avec l’environnement. Quels totems contemporains se dressent en résonance aux pas d’aujourd’hui ? Joanne Leighton invente une migration des gestes et des espaces, qui éveille, suggère, égraine des significations dans cet ici et maintenant qu’est aussi un plateau de danse, c’est-à-dire beaucoup plus que la matérialité plane d'une scène.

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Faits d’hiver 2018

Outsiders, la rencontre – Aude Lachaise
FAITS D’HIVER – Festival de danse à Paris – 20ème édition

« En mai 2015, sur invitation de Serge Laurent, j’ai donné dans le cadre de l’exposition le Corps en Jeu du Nouveau Festival, une performance que j’ai intitulée Outsider. Il s’agit d’une proposition courte avec pour consigne d’être seule en scène avec un micro. Le spectacle s’articulera entre le stand up, un espace de parole et de théorie, et celui de l’incarnation et de l’action.  Il aura pour enjeu de réintroduire du collectif dans cette forme spectaculaire du stand up qui est avant tout l’expression d’une parole individuelle. » Aude Lachaise.

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Chambre noire

Chambre noire est une hallucination sauvage autour de la vie de Valérie Jean Solanas (1936-1988), la plus belle enfant de toute l’Amérique, la psychologue de génie qui a passé sa vie à séjourner dans des instituts pour malades mentaux, la première « pute intellectuelle », l’auteure du SCUM Manifesto, manifeste féministe radical autoédité en 1967, la femme qui a tenté d'assassiner Andy Warhol.

Dans un écrin sombre et clinique traversé de néons évoquant les nuits grunge new-yorkaises, se joue un duo entre une marionnettiste, Yngvild Aspeli, et une musicienne, Ane Marthe Sørlien Holen. Avec une grande intelligence dramaturgique, elles composent un univers ensorcelant, mêlé de marionnettes à taille humaine, de projections vidéos et de percussions magnétiques. Un désert de solitude se dessine au travers de ce personnage complexe, pluriel, outrancier et absolument humain.

Si l'art marionnettique a conquis sa place aux premières loges du théâtre contemporain, c'est grâce à des explorations de cette envergure, de celles qui transgressent les frontières entre les matières, qui osent pulvériser l'opposition entre le vivant et l'inerte pour inventer une identité visuelle mettant à profit tout le spectre de l'« inquiétante étrangeté » qu'offre l'objet inanimé lorsqu'il est soudain manipulé par des experts. Onirique, érotique, dérangeant, fantastique, le spectacle déploie l'immense nuancier de la fureur émotionnelle que peut convoquer le théâtre d'objets.

D'un souffle rageur, ravivant le personnage de Valérie Solanas jusque dans ses méandres les plus intimes, Chambre Noire en révèle les deux visages, démentiel mais aussi visionnaire, inexorablement liés. C'est aussi l’oppression qui est donnée à voir, ainsi qu'une révolte, et les formes qu’elles ont pu revêtir ces dernières années. Une œuvre complète et singulière, à découvrir.

Le Mouffetard - Théâtre des arts de la marionnette œuvre pour la promotion des formes contemporaines des arts de la marionnette. Le partenariat entre les deux structures se poursuit en mai 2019 lors du Second Square consacré au théâtre d'objet dans le cadre de la 10ème Biennale internationale des arts de la marionnette.

En parrallèle du spectacle et dans le cadre de Second Square Imag(in)é 
Atelier manipulation - Marionnettes à taille humaine
Samedi 27 et dimanche 28 octobre, de 17h à 18h30, adultes, 5€ sur inscription

Un atelier de manipulation de marionnettes à taille humaine autour du spectacle Chambre noire*de Yngvild Aspeli de la compagnie Plexus Polaire, en représentation du 12 au 15 décembre au Carreau du Temple. Marionnettes humaines, animales, êtres hybrides crées par la compagnie… autant d’êtres étranges à manipuler, sous les conseils et la conduite de Pascale Blaison, manipulatrice et constructrice de marionnettes pour Chambre Noire, ainsi qu’intervenante à l’Ecole Supérieure des Arts de la Marionnette à Charleville-Mézières.

*Le tarif réduit sur le spectacle est accordé aux participants de l'atelier.
Un atelier proposé par Pascale Blaison, en partenariat avec Le Mouffetard - théâtre des arts de la marionnette.

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SOIRÉE LOOP Festival Kalypso

Au-delà des idées reçues, des battles et de la compétition, la fameuse soirée Loop permet de (re)découvrir l'éventail de couleurs d’un art fédérateur, à la fois divertissant et poétique, populaire et exigeant. 

L'idée est simple, intelligente et efficace : le hip-hop se renouvelant en permanence et se ressourçant de plus en plus dans d'autres disciplines artistiques et sportives, le Festival Kalypso propose chaque année à deux artistes chorégraphes et interprètes une carte blanche afin d'offrir aux spectateurs une approche singulière, inédite et experte de ces formes chorégraphiques.

Invités à orchestrer cette soirée, Déborah Moreau et Feroz Sahoulamide nous plongent dans l'univers et le processus créatif de quatre chorégraphes de leur choix. Sélectionnés pour la diversité de leurs parcours et de leurs démarches artistiques, ces derniers se plient aux mêmes règles du jeu : composer une œuvre courte (environ huit minutes) avec les mêmes interprètes autour d’un thème commun. Les différentes étapes qu’ils traversent durant les mois consacrés à la préparation de leur projet sont filmées et seront diffusées juste avant la présentation de leurs pièces. Ainsi, la soirée Loop se vit comme un moment unique et ludique de partage, tant pour les chorégraphes que pour les interprètes, mais également pour les spectateurs, leur autorisant là une porte d'accès habituellement fermée au public : celle des coulisses. En se soumettant au même cadre de travail et en utilisant les mêmes matériaux, les chorégraphes expriment à travers leurs créations l'unicité de leur écriture et révèlent à leur manière les danseurs, transmettant aux spectateurs une lisibilité de la pluralité et de la richesse de cette forme de danse.

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Où la chèvre est attachée, il faut qu’elle broute.

Convoquant douze femmes sur scène, aussi adroites dans le jeu footballistique que dans le jeu de comédiennes, la metteure en scène et actrice invente une performance complètement atypique pour porter un texte personnel sans concession. En crampons et maillots, elles affirment leur légitimité à fouler cette pelouse majoritairement réservée aux hommes, y risquant une histoire politique des corps, des identités, et des libertés de choix. Tour à tour spectatrice, coach et nourrice, Rébecca Chaillon conduit ses joueuses vers une zone étrange où la violence des discriminations se cogne à la puissance de l'équipe.

En écho, il y a un texte donné à lire en fond de scène, avant d'être parlé et incarné. En vis-à-vis sont évoquées règles sociales et règles menstruelles. Il fallait oser. En tête à tête, du gradin au stade, se frottent la solitude du spectateur et la collectivité sportive qui s'active, animée par « l'esprit de groupe » (utopie ou naïveté ?). 

En contraste, le carton gras des pizze et les cannettes de bière englouties à la chaîne se révoltent contre le papier glacé des magazines rayonnant de femmes longilignes.

En dégradé, Rébecca nous en fait voir de toutes les couleurs, sans oublier le bleu-blanc-rouge, en toute ironie, bien sûr. En volte-face, elle nous la joue à l'envers pour la jouer encore plus vrai : qui joue ? Qui dirige ? Qui est actif et qui est passif ? Seule dans les gradins, d'abord impassible, muette, c'est pourtant bien elle qui mène cet incroyable ballet de femmes.

En perspective, de la difficulté d'être une femme, ne serait-ce que cela, d'être homosexuelle, noire, ronde... Telles sont les questions qui labourent la terre dont l'odeur envahit la salle, effluves d'humour et de cynisme, de panache et de lucidité.

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Présent·e·s avec Lauren Bastide n°1

Il était d’une importance capitale que cette conférence inaugurale du cycle « Présent·e·s » - qui vise à donner la parole à des femmes chercheuses et militantes questionnant la place des femmes dans l’espace public - s’articule autour de la question du handicap.

Car s’il s’agit d’analyser et de dénoncer les inégalités qui entravent l’accès des femmes à l’espace public, c’est assurément en portant haut et fort les voix des plus stigmatisées qu’il faut débuter. L’accessibilité, qu’elle soit réelle ou symbolique, aux lieux qui constituent l’espace public, est au coeur du combat des personnes handicapées pour une véritable égalité des droits.

C’est le combat que porte Elisa Rojas, avocate au Barreau de Paris depuis 2007, militante et co-fondatrice du C.L.H.E.E (Collectif Lutte et Handicaps pour l’Egalité et l’Emancipation). Aux côtés de Lauren Bastide, elle explorera les leviers de cette lutte, afin de dresser, dans un premier temps, un état des lieux, puis de dessiner, dans un second temps, un nouveau possible, inclusif et juste.

Une conférence accessible aux personnes à mobilité réduite et traduite en L.S.F. 

Invitée du jeudi 11 octobre : Elisa Rojas
Invitée du jeudi 22 novembre : Rokhaya Diallo 
Invitée du jeudi 20 décembre : Alice Coffin
Invitée du jeudi 17 janvier : Caroline de Haas
Invitées du jeudi 14 février : Chris Blache et Pascale Lapalud
Invitée du vendredi 8 mars : Hanane Karimi
Invitée du jeudi 11 avril : Anaïs Bourdet 

Pour la saison 2017/2018, en conviant le philosophe et sociologue Geoffroy de Lagasnerie à renouveler les modalités d'un "débat", le Carreau du Temple initiait un atypique cycle de rencontres. L'idée est simple : chaque rendez-vous propose d'assister à une conversation entre une personnalité active dans le monde contemporain et des invités de son choix. En 2018/2019, c'est Lauren Bastide qui anime huit séances de réflexion autour d'un thème précis : la place des femmes dans l’espace public.

Lauren Bastide, diplômée en sciences politiques et en journalisme, ayant plusieurs cordes à son actif : presse écrite, presse audiovisuelle, fondation du studio de production de podcasts Nouvelles Écoutes, est l’animatrice de La Poudre (téléchargée plus d’un million de fois dès sa première année d’existence !). Pensée tel un antidote à la sous-représentation des femmes dans les médias, La Poudre offre une longue conversation intime et subtile avec des femmes activistes ou artistes, qui prend le temps de déconstruire des préjugés notamment liés au genre. Également animatrice de l’émission Les Savantes (sur France Inter en période estivale), laquelle interroge des chercheuses, issues de tous les champs universitaires, sur leur parcours et la façon dont la science peut changer la société, elle est une pionnière de l’articulation entre féminisme et journalisme. 

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Festival FRAGMENT(S) #6

Par étapes de travail dans des lieux engagés auprès de la jeune création, FRAGMENT(S) donne en partage ce moment précieux et déterminant où le spectacle inachevé, encore en friche et en questionnement, a besoin d'une oreille. Il offre ainsi une rencontre exclusive entre des publics qui ont la chance de découvrir un processus de création, pris à témoins et libres d'en parler, et des artistes qui ont l'occasion de mettre à l'épreuve, avant l'heure, leurs intentions devant une réelle audience, et d'écouter ce qui se dit par la suite au bord du plateau.

ENTERRE-MOI MON AMOUR, Clea Petrolesi

« Je t’aime, donc je veux mourir avant toi. » Ce serait là une autre façon de traduire en français l'expression arabe « Enterre-Moi Mon Amour ».

En décembre 2015, Lucie Soullier publiait, dans le journal Le Monde, un article intitulé « Le voyage d’une migrante syrienne à travers son fil WhatsApp ». Clea Petrolesi s'inspire de ce récit documentaire et des 250 captures d’écran que la jeune Dana, alors en route vers l’Allemagne, a confiées plus tard à la journaliste. Ces images témoignent très précisément, par le biais de sa conversation WhatsApp qui la lie à ses proches, des douze jours de son voyage vers l’asile, racontent son exil. Bouleversante, cette histoire a en premier lieu, en 2016, curieusement donné naissance à un « jeu du réel », lequel proposait une immersion dans le quotidien de la jeune femme.

Durée : 30 min

GIRLS AND BOYS, Mélanie Leray

« J’ai rencontré mon mari dans la file d’embarquement d’un vol Easyjet et je dois dire que l’homme m’a tout de suite déplu. »

Une rencontre impromptue dans un aéroport se transforme en relation intense et passionnée. Le couple s'installe, achète une maison, fait deux enfants. Parallèlement, chacun s'investit dans sa carrière. Une famille ordinaire, en somme. Pourtant, avec ce monologue inattendu, complexe, drôle et brutal, Dennis Kelly continue de percer les apparences pour explorer l'âme humaine et appuyer là où ça fait mal, sans cynisme, mais sans concession.

Metteure en scène et comédienne, après l’Ecole du Théâtre National de Bretagne, Mélanie Leray co-fonde le Théâtre des Lucioles. Elle y travaille comme actrice et metteure en scène jusqu’en 2012, année de création de sa compagnie, la Cie 2052, avec laquelle elle met en scène des écritures contemporaines anglaises : Lucy Caldwell (Leaves), Mike Bartlett (Contractions), Nina Raine (Tribus) mais aussi Shakespeare (La Mégère apprivoisée ou comment dompter une insoumise).

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Festival avis de turbulences

Une soirée dédiée à la danse avec deux spectacles : "Atomic 3001" de Leslie Mannès, Sitoïd et Vincent Lemaître et "Mieux vaut partir d'un cliché que d'y arriver" de Sylvain Riejou.

ATOMIC 3001, LESLIE MANNÈS, SITOÏD ET VINCENT LEMAÎTRE / 19h30

Tribale et techno, robotique et terriblement incarnée, monochrome et incandescente, primitive et futuriste, la danse contrastée de Leslie Mannès épouse le son et la lumière, jusqu'au bout des doigts. A bout de souffle. 
Œuvre aussi musicale et plastique que dansée, Atomic 3001 éclate d'emblée en une figure charismatique et androgyne, vêtue d'un rouge primaire, se découpant sur une techno ravageuse. Rétro-éclairée, cheveux devant le visage... La vision brouillée par les jeux de lumière, le spectateur pourrait presque l'imaginer de dos. Pieds rivés au sol, ses membres se mettent en mouvement un à un selon les bits. D'abord, seules les mains bougent le long du corps, puis les avant-bras, les hanches, enfin le corps entier, dans une synchronicité si parfaite avec la musique qu'on ne sait plus bien ce qui impulse quoi : musique ou danse ? Les effets d'optique accompagnent sa gestuelle stroboscopique et réciproquement, tandis que la musique électronique tend vers une transe qui amplifie, prolonge et habite cette danse machinique et possédée. Les pieds n'ont toujours pas bougé, il n'y a toujours pas de visage, l'espace est déchiré de gestes saccadés qui tranchent l'espace, jusqu'à un fondu au noir salvateur.
Alors la lumière éclaire enfin le visage, fait tomber le masque monoïque, détrôné par une figure on ne peut plus féminine, quittant son habit rouge pour offrir à l'inverse une performance faciale et directe, crue. En toute transparence, en toute sensualité, en toute fragilité, l'interprète "prend" le plateau. Un écart de l'aire de jeu la sort du théâtre, la rend à sa vulnérabilité de vivante, brise du même geste le hors champs, accueillant le public dans l'enceinte tribale et un crescendo de cris animaux et de tambours, dans l'épuisement de la transe. 

Durée : 45min
Chorégraphie et interprétation : Leslie Mannès - Composition musicale originale : Sitoid Création - Lumière : Vincent Lemaître - Regard extérieur : Joëlle Bacchetta - Diffusion : Stéphanie Barboteau/Bloom Project.be - Coproduction : Les Brigittines - Production : Asbl Hirschkuh en collaboration avec Cosipie asbl avec le soutien de VAT, du Théâtre de la Balsamine, de WBTD et de Wallonie Bruxelles International - Crédit photographique : Hichem Dahes ASBL HIRSCHKUH 
Dans le cadre du soutien à la diffusion PSO. En coréalisation avec Les Petites Scènes Ouvertes, réseau de soutien à l’émergence des jeunes chorégraphes avec l’aide de ADAMI

MIEUX VAUT PARTIR D’UN CLICHÉ QUE D’Y ARRIVER, SYLVAIN RIEJOU / 21H 

Sylvain Riejou se croque le cerveau et en joue. Premier opus du danseur et vidéaste, ce One man show vidéo-chorégraphique partage avec panache et dérision les questionnements liés à la création. 
Pour nous emmener au large du poncif de l'artiste romantique ou torturé, autant en faire son port d'attache. Voici le postulat de la pièce de Sylvain Riejou, qu'il donne à lire dès son titre. 
Interprète remarqué, tant pour son travail auprès de chorégraphes (Olivia Grandville, Sylvain Prunenec, Nathalie Pernette ou Didier Théron) que sous la direction de metteurs en scène (Roméo Castellucci, Robert Carsen) et d’artistes plasticiens (Clédat et Petitpierre), Sylvain Riejou s'adonne en autodidacte depuis une dizaine d'années au montage vidéo, qu'il explore ici comme un vecteur de composition chorégraphique. 
Cette autofiction, sa première pièce, s'enrichit de la maturité de cette recherche personnelle, autant qu'elle emprunte à son enfance, danseur en herbe s'agitant seul dans sa chambre sur les clips de Prince, Madonna, Mylène Farmer ou Mickael Jackson. En effet, c’est une chanson de geste qui jalonne Mieux vaut partir..., à savoir des mouvements expressionnistes symbolisant les paroles. Ainsi, de trouvailles gestuelles - ne se privant pas de clins d'oeil à Pina Bausch et autres grandes signatures de la danse contemporaine - en pépites cocasses, le chorégraphe-danseur nous emmène sur une piste perlée de questionnements artistiques rémanents. Explorant d'innombrables possibilités de basculer son propre corps de l’espace réel du plateau vers l’espace virtuel de la vidéo, l'artiste se dédouble, se détriple, offrant à lui seul des duos ou des trios, s'amusant à créer plusieurs personnages qui se répondent, se chamaillent ou collaborent, notamment chorégraphe et danseur, ouvrant ainsi l'horizon du rire de ses "prises de tête". 

Durée : 60min
Micadanses/ADDP (Paris) - Le point éphémère (Paris) - Honolulu (Nantes) - Montévidéo (Marseille) - La place de la danse CDCN de Toulouse occitanie. Sylvain Riejou a été en résidence de recherche à L’L (Bruxelles), d’août 2012 à septembre 2015. Ce projet a connu ses prémices dans le cadre de cet accompagnement. Conception et interprétation : Sylvain Riejou - Coach chorégraphique : Tatiana Julien - Regards extérieurs : Stéphanie Briatte, Laure Hamidi, Lucas Morlot – Remerciements : Myriam Gourfink, Daniel Larrieu, Olivier Martin Salvant, Mathilde Hennegrave, Emmanuel Meyer, Maud Pizon, David Walh - . Production déléguée : Bora-Bora productions (Charles Eric Besnier et Chloé Ferrand) . Avec le soutien du Carreau du Temple 

 

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JERK OFF 2018

Jerk Off revient au Carreau du Temple pour une nouvelle édition. Danse, théâtre et performance : le festival est toujours à l’écoute de nouvelles écritures et de projets singuliers.

Les artistes programmé.e.s à JERK OFF ont des références, des propositions et des imaginaires qui ne sont pas ceux de la norme hétérosexuelle dominante. Il s’agit pour Jerk Off de proposer d’autres visions, de donner la priorité aux corps queer. Ainsi, le festival fait de la représentation et de la visibilité des minorités sexuelles dans le champ de la culture, et principalement dans le spectacle vivant, son principal enjeu.

VENDREDI 14 SEPTEMBRE

NINA SANTES – Self Made Man / 19h30
MATTHIEU HOCQUEMILLER – Le corps du roi / 21h

SAMEDI 15 SEPTEMBRE

EVANGELIA KRANIOTI - Obscuro Barroco (film) / 19h30
JULIA PERAZZINI – Holes & Hills / 21h30

DIMANCHE 16 SEPTEMBRE

OLIVIER STEINER – La vie privée / 17h
HÉLÈNE ROCHETEAU – La nuit manquante III / 18h30

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Cinéclub 2019-2020

Les films de la saison

Mardi 8 octobre 2019 : Z de Costa-Gavras (1969, 2h05)

Mardi 5 novembre 2019 : La Gueule de l’emploi de Didier Cros (2011, 1h34)

Mardi 28 janvier 2020 : Enquête sur un citoyen au dessus de tout soupçon d’Elio Petri (1970, 1h55)

Mardi 25 février 2020 : La Mort de Staline d’Armando Iannucci (2017, 1h47)

Mardi 31 mars 2020 : Récréation de Claire Simon (1992, 54 min)

Z - Costa Gavras

Z de Costa-Gavras (1969, 2h05)

Coécrit et réalisé par Costa-Gavras, le film est adapté du roman éponyme de Vassilis Vassilikos écrit à la suite de l'assassinat du député grec Grigóris Lambrákis à Thessalonique en mai 1963.

  • Prix du Jury au Festival de Cannes (1969)
  • Oscar du meilleur film en langue étrangère (1970)
  • Golden Globe du meilleur film étranger (1970)

Synopsis : Un député progressiste est assassiné dans un pays méditerranéen. Le juge d'instruction s'occupant de l'enquête met en évidence, dans ce crime, la participation de l'armée et de la police.

La Gueule de l’emploi - Didier Cros

La Gueule de l’emploi de Didier Cros (2011, 1h34)

Lors d’un entretien d’embauche, les questions ne sont jamais hasardeuses et les réponses sont toujours formatées. Le recruteur tend des pièges, et le candidat s’efforce de les éviter.

À la fois évaluation de compétences et entreprise de déstabilisation, l’entretien d’embauche est une véritable épreuve dont on sort rarement indemne. Les règles du jeu sont connues de tous. Mais, que sous entendent-elles? Que cherche t-on au juste en voulant savoir si vous êtes optimiste ou si vous avez le sens de l’adaptation ? Un candidat idéal ou un candidat soumis ?

Récompenses :

  • Etoile de la Scam – 2012
  • Award of Merit Accolade Film Festival – Etats-Unis
  • Mention spéciale Filmer le travail – France
Enquête sur un citoyen au dessus de tout soupçon - Elio Petri

Enquête sur un citoyen au dessus de tout soupçon d’Elio Petri (1970, 1h55)

Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon s'inscrit dans le cycle de portraits de la société italienne que le réalisateur Elio Petri a entrepris, il y raconte la police, le pouvoir politique et la corruption. Elio Petri se serait réfugié à Paris quand le film fut diffusé en Italie.

Sorti en 1970, Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon consacre Petri à l'international et remporte plusieurs prix :

  • Prix spécial du Jury au Festival de Cannes 1970.
  • Prix FIPRESCI du Festival de Cannes 1970.
  • Prix Edgar-Allan-Poe 1971 du meilleur scénario pour Ugo Pirro et Elio Petri.
  • Oscar du meilleur film en langue étrangère 1971.
  • Nomination au Golden Globe du meilleur film en langue étrangère 1971.
  • Nomination à l'Oscar du meilleur scénario original 1972.

Synopsis : En Italie, au début des années 70, le chef de la brigade criminelle est sur le point d’être promu au poste de directeur de la section politique. Persuadé que ses fonctions le placent au-dessus des lois, il égorge sa maîtresse, Augusta Terzi, au cours de leurs joutes amoureuses. Avec un sang-froid parfait, il met tout en œuvre pour prouver que personne n'aura l'intelligence, ni même l'audace, de le soupçonner...

La Mort de Staline - Armando Iannucci

La Mort de Staline d’Armando Iannucci (2017, 1h47)

Sorti le 20 octobre 2017 au Royaume Uni, La Mort de Staline réalisé par Armando Iannucci est une adaptation de la bande dessinée française éponyme de Thierry Robin et Fabien Nury.

De sa promotion à sa sortie en salles, cette comédie satirique a provoqué la colère du Parti communiste de la Fédération de Russie qui a exigé la censure du film sur le territoire au prétexte qu'il discrédite la mémoire de Staline.

Synopsis : Dans la nuit du 2 mars 1953, un homme se meurt, anéanti par une terrible attaque. Cet homme, dictateur, tyran, tortionnaire, c'est Joseph Staline. Et si chaque membre de sa garde rapprochée - comme Beria, Khrouchtchev ou encore Malenkov - la joue fine, le poste suprême de Secrétaire Général de l'URSS est à portée de main. (Inspiré de faits réels...)

Fidèle programmateur du Cinéclub du Carreau du Temple, CinéCaro jette cette année les projecteurs sur le thème du pouvoir.

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