Pendant trois jours, Second Square invite des artistes reconnus ou émergents à transmettre leurs imaginaires, leurs savoir-faire, leur approche du monde d'aujourd'hui.
En complicité avec Le Mouffetard – Théâtre des arts de la marionnette pour l’ouverture de la dixième Biennale Internationale des Arts de la Marionnette (BIAM) et la Maison des Jonglages avec son douzième Festival Rencontre des Jonglages, Second Square réunit ses partenaires pour concentrer son regard sur différentes disciplines de la manipulation d'objets.
Installations & performances
Sous forme de parcours photographique, l’installation du metteur en scène et marionnettiste Johanny Bert, Instantanés Provisoires, est une immersion dans son processus de création. En parallèle, la plasticienne Camille Bellot réalise une œuvre évolutive et participative de papier et la sculptrice québécoise Horta Van Hoye met en relief une foule de personnages, accompagnée par le contrebassiste Éric Recordier.
Ateliers
Sous les yeux du public, trois marionnettes seront fabriquées au fil du week-end, un processus de création à observer en direct. À découvrir également : des ateliers à la croisée de la marionnette de papier, du théâtre d’ombre et du cinéma d’animation accessibles à tous.
Spectacles
Cinq spectacles autour de la marionnette contemporaine, du théâtre d'objets et du jonglage à découvrir.
À l'appui du roman de Sara Stridsberg, La Faculté des rêves, qui retrace le destin tragique de "la femme qui a tiré sur Andy Warhol", la marionnettiste norvégienne Yngvild Aspeli met en scène un fascinant spectacle, dont la toile de fond est aussi ténébreuse que la liberté de forme et de ton, lumineuse.
Chambre noire est une hallucination sauvage autour de la vie de Valérie Jean Solanas(1936-1988), la plus belle enfant de toute l’Amérique, la psychologue de génie qui a passé sa vie à séjourner dans des instituts pour malades mentaux, la première « pute intellectuelle », l’auteure du SCUM Manifesto, manifeste féministe radical autoédité en 1967, la femme qui a tenté d'assassiner Andy Warhol.
Dans un écrin sombre et clinique traversé de néons évoquant les nuits grunge new-yorkaises, se joue un duo entre une marionnettiste, Yngvild Aspeli, et une musicienne, Ane Marthe Sørlien Holen. Avec une grande intelligence dramaturgique, elles composent un univers ensorcelant, mêlé de marionnettes à taille humaine, de projections vidéos et de percussions magnétiques. Un désert de solitude se dessine au travers de ce personnage complexe, pluriel, outrancier et absolument humain.
Si l'art marionnettique a conquis sa place aux premières loges du théâtre contemporain, c'est grâce à des explorations de cette envergure, de celles qui transgressent les frontières entre les matières, qui osent pulvériser l'opposition entre le vivant et l'inerte pour inventer une identité visuelle mettant à profit tout le spectre de l'« inquiétante étrangeté » qu'offre l'objet inanimé lorsqu'il est soudain manipulé par des experts. Onirique, érotique, dérangeant, fantastique, le spectacle déploie l'immense nuancier de la fureur émotionnelle que peut convoquer le théâtre d'objets.
D'un souffle rageur, ravivant le personnage de Valérie Solanas jusque dans ses méandres les plus intimes, Chambre Noire en révèle les deux visages, démentiel mais aussi visionnaire, inexorablement liés. C'est aussi l’oppression qui est donnée à voir, ainsi qu'une révolte, et les formes qu’elles ont pu revêtir ces dernières années. Une œuvre complète et singulière, à découvrir.
Le Mouffetard - Théâtre des arts de la marionnette œuvre pour la promotion des formes contemporaines des arts de la marionnette. Le partenariat entre les deux structures se poursuit en mai 2019 lors du Second Square consacré au théâtre d'objet dans le cadre de la 10ème Biennale internationale des arts de la marionnette.
Atelier Manipulation - Marionnettes à taille humaine
Samedi 27 et dimanche 28 octobre, de 17h à 18h30, adultes, 5€ sur inscription*
Un atelier de manipulation de marionnettes à taille humaine autour du spectacle Chambre noire* de Yngvild Aspeli de la compagnie Plexus Polaire, en représentation du 12 au 15 décembre au Carreau du Temple. Marionnettes humaines, animales, êtres hybrides crées par la compagnie… autant d’êtres étranges à manipuler, sous les conseils et la conduite de Pascale Blaison, manipulatrice et constructrice de marionnettes pour Chambre Noire, ainsi qu’intervenante à l’Ecole Supérieure des Arts de la Marionnette à Charleville-Mézières.
*Le tarif réduit sur le spectacle est accordé aux participants de l'atelier. Un atelier proposé par Pascale Blaison, en partenariat avec Le Mouffetard - théâtre des arts de la marionnette.
Un fascinant spectacle de la marionnettiste norvégienne Yngvild Aspeli qui retrace le destin tragique de "la femme qui a tiré sur Andy Warhol".
Sorry, boys s’inspire d’un fait divers qui a défrayé la chronique d’une petite ville du Massachusetts en 2000 : 18 lycéennes de moins de 16 ans décidaient de tomber enceinte en même temps pour élever leurs enfants ensemble.
Le spectacle s’ouvre sur un apparat scénique proprement saisissant, une trouvaille de la brillante scénographe Paola Villani. Dans la pénombre surgissent douze têtes coupées, marionnettes accrochées sur des tableaux comme autant de trophées de chasse. D’un côté, six adultes : parents, directeur et infirmière du lycée ; de l’autre, les pères adolescents. Un flot de SMS versés sur grand écran - que s’échangent les jeunes femmes, invisibles - insuffle une esthétique numérique contrastant résolument avec l’univers de la marionnette, mais qui l’aspire à la dérobée dans sa sphère contemporaine.
Les protagonistes tentent de comprendre les raisons du pacte de maternité entre ces adolescentes. Comment un féminicide dans leur ville a-t-il pu engendrer cette grossesse collective ? Les uns et les autres en débattent, mais n'en restent pas moins cloués au mur.
Dernier épisode d'une trilogie explorant les résistances féminines, Sorry, boys s'inscrit dans un travail politique, à la fois féministe et antifasciste, d'une grande subtilité. Manipulant seule les douze marionnettes, et en assurant, seule aussi, toutes les voix, Marta Cuscunà réalise ici une performance exceptionnelle, au retentissement visuel et sonore indélébile.
Dans le cadre de la 11e Biennale internationale des arts de la marionnette, deux autres spectacles de Marta Cuscunà sont à découvrir Il Canto della caduta les 13 et 14 mai et La Semplicità ingannata les 16 et 17 mai. En savoir plus
Une pièce palpitante de Marta Cuscunà, où le portrait contemporain du féminisme et des nouvelles masculinités infiltre l’univers de la marionnette !