Faire le présent

Geoffroy de Lagasnerie

Une série de dialogues par Geoffroy de Lagasnerie. Un nouveau rendez-vous pour penser notre présent.

Date(s)

Mercredi 11 octobre, mercredi 22 novembre, mercredi 13 décembre 2017 et mercredi 17 janvier, mercredi 14 février, mercredi 4 mars, mercredi 11 avril et mercredi 23 mai 2018 à 19h30

Lieu(x)

Salle de spectacle

Tarif(s)

Entrée libre

Durée

1h30

Cette année, le Carreau du Temple vous propose une série de dialogues afin de saisir ce qui se passe aujourd'hui. Un format inédit : un mercredi par mois avec le sociologue et philosophe Geoffroy de Lagasnerie en compagnie d'un invité qui contribue à faire le présent de la pensée ou de la pratique.

Qu'est-ce qui fait notre présent ? Qu'est-ce qui à la fois le constitue et le crée ? Quelles sont les lignes de fracture, les transformations en cours ? Qu'est-ce qui s'invente et qu'est-ce qui disparaît? Le Carreau du Temple décide de rompre avec les formats de conférence habituels à la faveur d'un format innovant en confiant à Geoffroy de Lagasnerie une carte blanche pour cette série de dialogues 2017/2018. Ce cycle se propose ainsi d'élaborer une sorte de diagnostic du présent et de la pensée, qui doit aussi servir à forger des instruments pour résister et agir autrement. Cet espace de rencontre sera l'occasion pour lui de recevoir au gré de l'actualité politique, culturelle et sociologique, un philosophe, un créateur, un écrivain, un chercheur, ou un militant. Les séances prendront pour objet les principaux enjeux contemporains avec celles et ceux qui contribuent à faire le temps. 

Le 19 juillet 2016, Adama Traoré est mort dans la cour de la gendarmerie de Persan. Depuis, Assa Traoré mène un combat pour connaître la vérité de cette affaire. Ce combat soulève certaines des questions politiques les plus importantes d'aujourd'hui et conduit Assa Traoré à incarner l'une des voix les plus originales et les plus puissantes sur les questions de l'Etat et de la justice, des quartiers populaires et de la lutte contre le racisme... Elle a publié une bouleversante Lettre à Adama, aux éditions du Seuil en mai 2017 avec Elsa Vigoureux.

Dans Marianne et le garçon noir, l'écrivaine Leonora Miano rassemble de puissants témoignages pour dégager "le vécu noir en France", pour comprendre le "grand dérangement" que représente la présence des Noirs sur un territoire où le fait d'être blanc continue d'octroyer des privilèges. Ces thèmes traversent son importante œuvre romanesque et théorique. Nous parlerons ainsi au cours de cette séance de la race et du racisme, de la masculinité et de la violence, des relations Europe/Afrique, de la question coloniale et post-coloniale, de la domination et du silence, de l'écriture et du rôle de l'écrivain. 

Gaspard Glanz est journaliste. Fondateur de Taranis News, il invente un nouveau type de journalisme qui questionne le journalisme traditionnel. Il a produit certaines des  images les plus marquantes et les plus fortes de ces dernières années sur Nuit debout, les mouvements sociaux, les réfugiés à Calais... Il documente  la violence et la souffrance de notre monde. Son travail pose une question essentielle : que veut dire voir le présent et faire voir ce qui se passe ? Lors de cette séance, nous réfléchirons sur le journalisme, sur ce que veut dire produire de l'information, sur l'objectivité et la vérité, sur l'espace public et l'Etat. Nous montrerons aussi certains de ses reportages les plus forts, notamment sur ce qui se passe à Calais.

Chantal Mouffe a construit depuis une trentaine d'années l'une des œuvres les plus influentes sur la politique, la démocratie et le pluralisme... Ses écrits sur le "populisme" et la nécessité de redéfinir les concepts traditionnels issus du marxisme ont contribué à transformer la politique européenne en inspirant notamment Podemos ou la France Insoumise. Au cours de cette séance, seront évoquées les catégories de la politique, l'héritage du marxisme, la démocratie contemporaine, le "populisme de gauche" et les différentes formes de lutte politique.

Henri Leclerc est l'un des hommes de loi et des avocats les plus marquants et les plus influents de la seconde moitié du XXe siècle. Il est intervenu dans la plupart des affaires où politique et justice ont été intimement liées - la guerre d’Algérie, Mai 1968, l’abolition de la peine de mort, la défense des mineurs et des paysans, la question migratoire... Il n'a également cessé de réfléchir sur le droit, la prison, la répression, les libertés individuelles, et a été président de la Ligue des droits de l'homme. Il vient de publier ses mémoires, La Parole et l'action, aux éditions Fayard. Aujourd'hui, les transformations du droit, de la justice, de la pénalité occupent une place de plus en plus importantes dans le débat. Nous parlerons au cours de cette séance du métier d'avocat, de la justice, de la défense, mais aussi, plus généralement de l'État, du droit et de la démocratie.

Depuis plusieurs années, Felwine Sarr s'est imposé comme l'un des principaux intellectuels africains. Economiste et écrivain sénégalais, il place l'Afrique au centre d'une réflexion sur le monde et sur elle-même. L'Afrique a trop souvent été vue à travers les yeux et les catégories des autres. Que voudrait dire décoloniser le regard de l'Afrique sur elle-même ? Et que voudrait dire aussi regarder le monde, interroger les catégories de la pensée (et notamment les concepts de développement et de croissance économique) à partir de l'Afrique ? En 2050, un quart de la population sera Africaine et l'Afrique incarnera alors plus que l'Europe l'un des lieux centraux où se jouera l'avenir de la planète. Nous parlerons ainsi au cours de cette séance de l'Afrique et des expériences Africaines, de ce que signifie "Penser l'Afrique" et des nouvelles manières de penser le présent, l'économie, la culture, la politique ou encore l’écologie qui en découlent, de la décolonisation et de ses exigences, du discours afro-diasporique et de la pensée critique contemporaine. Felwine Sarr a publié de nombreux ouvrages dont Afrotopia, Habiter le monde et organise chaque année à Dakar avec Achille Mbembe les "Ateliers de la pensée" - la première édition a été publiée sous le titre : Écrire l’Afrique-Monde.

Nnoman Cadoret et Julien Pitinome sont photographes et reporters. Membres du collectif Œil, ils défendent une photographie fondée sur l’engagement social : "Ce que nous « voyons », ce que nous « capturons », ce que nous « montrons » est-ce que nous pouvons et devons changer.." Avec leur travail, ils attirent l'attention sur ce que l'espace médiatique cache et dissimule: luttes sociales, quartiers populaires, situation des migrants, Calais, etc.... Ils posent la question de l'éthique du journalisme, de l'espace public et du visible, du rôle des images dans les luttes sociales. Ils connectent également le journalisme avec d'autres pratiques à travers des interventions dans les lycées, les quartiers populaires et en milieu carcéral. En décembre 2017 et janvier 2018, ils sont partis au Bangladesh pour documenter la situation des Rohingyas, montrer la réalité du plus grand camp de réfugiés et de déplacés du monde et ce que vit cette minorité musulmane persécutée par la Birmanie. Nous parlerons notamment au cours de cette séance de leur reportage au Bangladesh, de la situation des Rohingyas, de ce qu'ils ont vu et des histoires qu'ils y ont recueillies et nous montrerons leurs images. Puis nous parlerons plus généralement, en parole et à travers des images, de leur conception du journalisme, de la photographie, de l'engagement, de la violence et de la répression, de la critique des médias, du rôle des images, de la situation des migrants et de Calais, etc.

« Plutôt que de commémorer Mai 68, ne devrions-nous pas tourner notre regard vers ce qui se passe aujourd'hui ? Car à trop fixer notre attention sur le passé, nous risquons de figer notre représentation de la politique. Et si faire l'éloge de mai 68 nous empêchait de voir mai 2018 ? En ce moment, des luttes surgissent partout, des lignes de fractures apparaissent, des acteurs inventent des modes d'action et font émerger des sujets de contestation... En clôture du cycle Faire Le présent pour l'année 2017-2018, je m'entretiendrai tout au long de la journée avec celles et ceux qui font exister les nouveaux problèmes, les nouvelles pratiques, les nouvelles voix, les nouvelles subjectivités qui peuplent les batailles actuelles. L'enjeu de cette journée est de proposer un état général des mobilisations contemporaines afin de dégager les fronts qui s'ouvrent et les manières possibles de résister et de transformer le présent. Il y sera question de terrains aussi hétérogènes que la répression, la politique migratoire, l'antifascisme, la santé, internet, la vie privée, l'antiracisme, l'évasion fiscale, la libération animale, la police, l'accueil des migrants, les lanceurs d'alerte, l’hôpital et les EHPAD, le syndicalisme, l'action directe, la ségrégation urbaine, la surveillance, la justice... Mai 2018 est là. Il nous faut écouter celles et ceux qui incarnent la politique oppositionnelle. » Geoffroy de Lagasnerie

Partie 1 :

  1. « Lancer des alertes. Evasion fiscale. Secret. Banque. » avec Antoine Deltour, Lanceur d'alerte. LuxLeaks
  2. « Capitalisme. Classes. Précarité. Syndicalisme. » avec Laurent Degousée, co-délégué de la fédération SUD Commerce et co-animateur du Front social
  3. « Hôpital. Accès aux soins. Conditions de travail. Ehpad » avec Sabrina Ali Benali, Médecin, militante pour la défense des soignants et des structures de soin

Partie 2 :

  1. « Quartiers populaires. Ségrégation urbaine. Politique Locale. » avec Almamy Kanouté. Activiste contre les injustices et les inégalités et cofondateur du Mouvement Émergence
  2. « Nouvelles formes de mobilisations. Cortège de tête. Autonomie. » avec Action Antifasciste Nord Pas de Calais
  3. « Internet. Vie privée. Terrorisme. Etat. Surveillance. » avec Felix Tréguer, Chercheur, membre fondateur de la Quadrature du Net

Partie 3 :

  1. « Migrants. Réfugiés. Accueil. Expulsions » avec Geneviève Jacques, présidente de la CIMADE, association de solidarité active et de soutien politique aux migrants, aux réfugiés et aux déplacés, aux demandeurs d'asile et à tous les individus en situation irrégulière
  2. « Police. Justice. Adama Traoré. Pouvoir colonial. Gauche. » avec Youcef Brakni, comité La vérité pour Adama et militant des quartiers populaires.
  3. « Répression. Prison. Antifascisme. Se Souvenir. Continuer » avec Geneviève Bernanos et Agnès Méric. Mères européennes pour défendre la mémoire et la lutte de leurs enfants contre le fascisme et la répression

Carte Carreau

20€ / Année

10% de réduction sur toutes les activités associatives sportives et artistiques annuelles


1 cours d’essai de sport gratuit


50% de réduction sur les spectacles (hors tarification spéciale)


Gratuité pour les séances du Cinéclub


10% de réduction au bar du Carreau


Possibilité de reporter votre place sur une autre date du même spectacle